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......@@ -43,7 +43,7 @@ On a pu voir dans l’œuvre un dérivé, très tardif, de l’Aphrodite cnidien
On sait combien l’industrie de la copie, et les débouchés commerciaux occidentaux, serviront de passage de témoin fondamental entre la vieille civilisation hellénique et les riches acheteurs, avides de références mythologiques dans le déploiement de leurs pièces d’habitation, voire de leurs locaux associatifs et commerciaux. La statuaire décorative qui leur est destinée n’est pas exempte de sensualité voire de détails humoristiques et de références anecdotiques savoureuses (Le groupe de _Pan et Aphrodite_, de l’association des commerçants beyrouthins de Délos, conservé au musée national d'Athènes, en est un bon exemple).
La Vénus de Chiragan est l’héritière, quelque 500 ans plus tard, de ces compositions. La main gauche ramenée en avant du pubis, geste de pudeur aussi bien que d’ostentation de la puissance fécondante de la fille d’Ouranos, entretient un lien direct avec le chef-d’œuvre de Praxitèle ; il rappelle bien la sculpture acquise par l'île de Cnide, à laquelle fait également référence la position de la tête et le regard tourné vers la gauche {% cite corso_art_2007 -l 9-22 %}. On constate cependant que la main ramenée au-devant des organes génitaux de notre Vénus est ici la gauche. Cette inversion s’explique par les variations esthétiques, bien minimes il est vrai si l’on tient compte du nombre de siècles écoulés, qui sont autant de filtres déposés entre l’œuvre originelle et les créations de l’époque impériale. Le plus célèbre de ces dérivés, caractéristique de cette inversion du geste, est représenté par le type _pudica_, dit aussi Vénus Médicis. Il faut également noter la position du bras droit, certes brisé lui aussi, mais encore agrémenté d’une mèche retombant de la longue chevelure. Vénus relevait vigoureusement ce membre. Il s’agit là, davantage, d’une reprise de la gestuelle de l’Aphrodite dite «_anadyomène»_, création du peintre Apelle, s’il faut en croire Athénée {% cite athenee_deipnosophistes_nodate -L none -l XIII, 59 %}. Elle aurait été, elle aussi, inspirée par l’envoûtante courtisane Phryné {% cite athenee_deipnosophistes_nodate -L none -l XIII, 59 %}.
La Vénus de Chiragan est l’héritière, quelque cinq cents ans plus tard, de ces compositions. La main gauche ramenée en avant du pubis, geste de pudeur aussi bien que d’ostentation de la puissance fécondante de la fille d’Ouranos, entretient un lien direct avec le chef-d’œuvre de Praxitèle ; il rappelle bien la sculpture acquise par l'île de Cnide, à laquelle fait également référence la position de la tête et le regard tourné vers la gauche {% cite corso_art_2007 -l 9-22 %}. On constate cependant que la main ramenée au-devant des organes génitaux de notre Vénus est ici la gauche. Cette inversion s’explique par les variations esthétiques, bien minimes il est vrai si l’on tient compte du nombre de siècles écoulés, qui sont autant de filtres déposés entre l’œuvre originelle et les créations de l’époque impériale. Le plus célèbre de ces dérivés, caractéristique de cette inversion du geste, est représenté par le type _pudica_, dit aussi Vénus Médicis. Il faut également noter la position du bras droit, certes brisé lui aussi, mais encore agrémenté d’une mèche retombant de la longue chevelure. Vénus relevait vigoureusement ce membre. Il s’agit là, davantage, d’une reprise de la gestuelle de l’Aphrodite dite «_anadyomène»_, création du peintre Apelle, s’il faut en croire Athénée {% cite athenee_deipnosophistes_nodate -L none -l XIII, 59 %}. Elle aurait été, elle aussi, inspirée par l’envoûtante courtisane Phryné {% cite athenee_deipnosophistes_nodate -L none -l XIII, 59 %}.
Exporté vers Rome, suite aux conquêtes romaines de la fin de la République, et exposé sur ordre d’Auguste dans le temple de César, d’après Pline, le tableau (_pynax_) d’Apelle subit une forte dégradation, avant d’être reproduit sous le règne de Néron {% cite pline_lancien_histoire_nodate -L none -l 36.28 %} ; si l’on a pu imaginer que la Vénus de Praxitèle s’apprêtait à entrer au bain {% cite corso_art_2007 -l 14 %}, l’_anadyomène_ en sortirait, empoignant sa chevelure de ses deux mains, de part et d'autre de sa tête, afin de l’essorer. Le geste rappelait celui de l’athlète ceignant son bandeau, célèbre marbre de Polyclète, connu sous le nom de _Diadumène_ {% cite rolley_sculpture_1999 -l 35-36 %}. La ronde-bosse de l’_anadyomène_, transposition féminine de l’œuvre attribuée à Polyclète, fut probablement créée dans le contexte fécond des ateliers alexandrins du I<sup>er</sup> siècle avant n. è. Il développe et diffuse la _charis_ (la grâce) grecque de ce corps féminin dominée par la courbe, les lignes pleines, les hanches larges et le sein menu et ferme. La chevelure devint symbole, au même titre que le pubis, de la puissance féminine fécondante mais également de la séduction et du besoin impérieux de plaire {% cite bodiou_chevelure_2006 -l 187 %}. Tordre cet attribut renverrait également, sous une autre forme, à la compression des seins, un geste symbolique issu d’une longue tradition en Orient {% cite de_matteis_sullafrodite_2004 -l 129 %}.
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