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...@@ -36,8 +36,8 @@ Cet éventail de répliques romaines, graduellement définies par rapport aux or ...@@ -36,8 +36,8 @@ Cet éventail de répliques romaines, graduellement définies par rapport aux or
### Antiquité tardive et survivance de la sculpture mythologique ### Antiquité tardive et survivance de la sculpture mythologique
Les travaux menés sur la sculpture d’Asie Mineure, depuis les années trente du XX<sup>e</sup> siècle, ont prouvé l’existence d’ateliers féconds sur le sol de l’Asie Mineure, de Constantinople à Aphrodisias (Carie) {% cite stirling_learned_2005 -l 136 %}. Florissants durant la période tardive, ils furent à l’origine d’une statuaire mythologique abondante. Si leurs sculpteurs privilégient une emphase musculaire et une lourdeur certaine des corps {% cite stirling_gods_1996 -l 216 %}, d’autres témoignent d’un attrait pour des proportions longues et minces et des visages au relief atténué. Des rapprochements convaincants ont pu être entrepris entre ces productions orientales et les statuettes de Vénus et de Diane, découvertes au sein de la _villa_ de l’Antiquité tardive du Petit-Corbin, à Saint-Georges-de-Montagne (Gironde). D'autres exemples, aujourd'hui rattachés à la même période, renforcent davantage encore les discordances dans les proportions et les élongations corporelles, tels certains groupes statuaires, conservés à Dresde ou Toulouse (voir en particulier la statuette de [Vénus](/ra-151)) {% cite stirling_learned_2005 -l31 %}. Étirement et aplatissement de ces sculptures pourraient s'apparenter, selon L. Stirling, à l'art des sarcophages, «domaine où les sculpteurs étaient requis pour travailler à partir de minces dalles de pierre» {% cite stirling_learned_2005 -l 31 %}. Suivant ce postulat, si la frontalité des figures et leur faible épaisseur semblent en effet parfaitement s'harmoniser aux cuves des tombeaux, on privilégiera cependant davantage, concernant la ronde-bosse, des pratiques d'atelier qui surent s'adapter à de nouveaux modes d'exposition. Ainsi, niches et alcôves se prêtaient-elles parfaitement à ces moyens et petits formats, fortement en vogue durant l'Antiquité tardive (IV<sup>e</sup> et V<sup>e</sup> siècles). Les travaux menés sur la sculpture d’Asie Mineure, depuis les années trente du XX<sup>e</sup> siècle, ont prouvé l’existence d’ateliers féconds sur le sol de l’Asie Mineure, de Constantinople à Aphrodisias (Carie) {% cite stirling_learned_2005 -l 136 %}. Florissants durant la période tardive, ils furent à l’origine d’une statuaire mythologique abondante. Si leurs sculpteurs privilégient une emphase musculaire et une lourdeur certaine des corps {% cite stirling_gods_1996 -l 216 %}, d’autres témoignent d’un attrait pour des proportions longues et minces et des visages au relief atténué. Des rapprochements convaincants ont pu être entrepris entre ces productions orientales et les statuettes de Vénus et de Diane, découvertes au sein de la _villa_ de l’Antiquité tardive du Petit-Corbin, à Saint-Georges-de-Montagne (Gironde). D'autres exemples, aujourd'hui rattachés à la même période, renforcent davantage encore les discordances dans les proportions et les élongations corporelles, tels certains groupes statuaires, conservés à Dresde ou Toulouse (voir en particulier la statuette de [Vénus](/ra-151-ra-114)) {% cite stirling_learned_2005 -l31 %}. Étirement et aplatissement de ces sculptures pourraient s'apparenter, selon L. Stirling, à l'art des sarcophages, «domaine où les sculpteurs étaient requis pour travailler à partir de minces dalles de pierre» {% cite stirling_learned_2005 -l 31 %}. Suivant ce postulat, si la frontalité des figures et leur faible épaisseur semblent en effet parfaitement s'harmoniser aux cuves des tombeaux, on privilégiera cependant davantage, concernant la ronde-bosse, des pratiques d'atelier qui surent s'adapter à de nouveaux modes d'exposition. Ainsi, niches et alcôves se prêtaient-elles parfaitement à ces moyens et petits formats, fortement en vogue durant l'Antiquité tardive (IV<sup>e</sup> et V<sup>e</sup> siècles).
Outre ces interrogations sur les caractéristiques stylistiques de ces productions, il faut surtout noter le dynamisme de la production de figures mythologiques au sein des ateliers. Qu’ils soient implantés à Rome ou ailleurs, les sculpteurs répondent encore largement, durant tout le IV<sup>e</sup> siècle, et encore très probablement jusqu'au milieu du V<sup>e</sup> siècle, à une forte demande des milieux conservateurs romains, parallèlement à des commandes émanant du milieu chrétien. Ces derniers évoluent encore, au sein de leurs espaces privés, parmi les dieux et déesses d'un polythéisme résistant et revendicateur de l'histoire et des racines de Rome. Et c'est désormais à travers une sculpture passée par le filtre esthétique de l’Orient romain que ces riches propriétaires affichent leurs valeurs, à Rome, dans le Sud-Ouest des Gaules et la péninsule Ibérique {% cite beltran_fortes_funcion_2011 %}. Les ateliers ont donc, jusque dans les _villae_ de ces provinces, abondamment alimenté l’Empire en marbres et figures. Simplification des formes, tendance à une légère abstraction des visages et des corps symbolisent les choix de cette période durant laquelle des revendications religieuses opposées s’accommodent d'une même esthétique dont le fondement demeure encore puissamment, indéniablement, d'ascendance grecque. Outre ces interrogations sur les caractéristiques stylistiques de ces productions, il faut surtout noter le dynamisme de la production de figures mythologiques au sein des ateliers. Qu’ils soient implantés à Rome ou ailleurs, les sculpteurs répondent encore largement, durant tout le IV<sup>e</sup> siècle, et encore très probablement jusqu'au milieu du V<sup>e</sup> siècle, à une forte demande des milieux conservateurs romains, parallèlement à des commandes émanant du milieu chrétien. Ces derniers évoluent encore, au sein de leurs espaces privés, parmi les dieux et déesses d'un polythéisme résistant et revendicateur de l'histoire et des racines de Rome. Et c'est désormais à travers une sculpture passée par le filtre esthétique de l’Orient romain que ces riches propriétaires affichent leurs valeurs, à Rome, dans le Sud-Ouest des Gaules et la péninsule Ibérique {% cite beltran_fortes_funcion_2011 %}. Les ateliers ont donc, jusque dans les _villae_ de ces provinces, abondamment alimenté l’Empire en marbres et figures. Simplification des formes, tendance à une légère abstraction des visages et des corps symbolisent les choix de cette période durant laquelle des revendications religieuses opposées s’accommodent d'une même esthétique dont le fondement demeure encore puissamment, indéniablement, d'ascendance grecque.
Pascal Capus et Chloé Damay Pascal Capus et Chloé Damay
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