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Le dieu Bacchus (le Dionysos grec) est intimement associé à la nature non civilisée et aux puissances du monde sauvage. Dieu du vin et du théâtre, il est ici représenté couronné et plein de langueur, appuyé contre un cep de vigne, auquel il est également relié par de nombreux étais et ponts. Ses cheveux bouclés sont caractérisés par des sillons, exécutés au ciseau droit, et des creusements, conçus au foret (ou trépan), une technique commune à de nombreuses autres figures de la _villa_, qu'elles soient de petit ou moyen format. La figure devait être accompagnée au moins d'une autre, peut-être une panthère ou encore un satyre. Son corps est celui d'un pré-adolescent et relève d'une esthétique de type éphébique, appréciée dans le monde grec au IV<sup>e</sup> siècle avant n. è. Pondération du corps, sinuosité des formes et androgynie semblent conformes à celles de l'_<a href="/images/comp-ra-134-ra-137-1.jpg" class="comparaison"><span class="img-comparaison"><img src="/images/comp-ra-134-ra-137-1.jpg" alt="Apollon Sauroctone, musée du Louvre, Paris, inv. MR 78, Ma 44,_ Marie-Lan Nguyen /Wikimedia Commons CC BY_"/></span>Apollon Sauroctone</a>_ et plus généralement à l'art du sculpteur grec Praxitèle, ici « pastiché » {% cite pasquier_praxite._2007 -l 340 %}.
Ces caractères, propres au second classicisme grec, sembleraient être encore revisités huit siècles plus tard. Il apparaît quoi qu'il en soit que des sculptures relevant de l'art classique envahissent toujours le cadre domestique des élites, en quête de signes esthétiques identitaires. Le Bacchus de Chiragan pourrait en témoigner. On y perçoit une sensibilité esthétique proche d'une série de sculptures produites par des ateliers orientaux, que Léa Stirling n'hésite pas à dater de l'Antiquité tardive. Ainsi, poli du marbre, division au ciseau et emplacement des coups de trépan dans les longues boucles sinueuses, schématisme des arcades sourcilières et creusement des pupilles rapprochent par exemple le dieu juvénile de Chiragan d'une célèbre statuette de Carthage datée du V<sup>e</sup> siècle, représentant Ganymède et l'aigle. Si la base de notre Bacchus a malheureusement disparu, celle de la figure mythologique carthaginoise, formée de deux bandeaux séparés par une gorge, renvoie typologiquement à plusieurs supports de figures mythologiques provenant de Chiragan comme à la base de la statue de Diane, découverte dans la _villa_ de Saint-Georges-de-Montagne (Gironde) ; une sculpture, en outre, stylistiquement liée au Bacchus et au Ganymède. Une parenté non moins importante apparaît dans une autre série de figures plus ou moins fragmentaires, dont une statue de Sol (Apollon), mises au jour dans une <a href="/images/comp-ra-134-ra-137-2.jpg" class="comparaison"><span class="img-comparaison"><img src="/images/comp-ra-134-ra-137-2.jpg" alt="Ensemble de la _villa_ de Silahtarağa à Constantinople, musée d'Istanbul, Carole Raddato CC BY-SA"/></span>_villa_ de Silahtarağa</a>, à Constantinople {% cite chaisemartin_les_1984 -L none -l Pl. 4-5 %}.
Ces caractères, propres au second classicisme grec, sembleraient être encore revisités huit siècles plus tard. Il apparaît quoi qu'il en soit que des sculptures relevant de l'art classique envahissent toujours le cadre domestique des élites, en quête de signes esthétiques identitaires. Le Bacchus de Chiragan pourrait en témoigner. On y perçoit une sensibilité esthétique proche d'une série de sculptures produites par des ateliers orientaux, que Léa Stirling n'hésite pas à dater de l'Antiquité tardive. Ainsi, poli du marbre, division au ciseau et emplacement des coups de trépan dans les longues boucles sinueuses, schématisme des arcades sourcilières et creusement des pupilles rapprochent par exemple le dieu juvénile de Chiragan d'une célèbre statuette de Carthage datée du V<sup>e</sup> siècle, représentant Ganymède et l'aigle. Si la base de notre Bacchus a malheureusement disparu, celle de la figure mythologique carthaginoise, formée de deux bandeaux séparés par une gorge, renvoie typologiquement à certains supports de figures mythologiques provenant de Chiragan comme à la base de la statue de Diane, découverte dans la _villa_ de Saint-Georges-de-Montagne (Gironde) ; une sculpture, en outre, stylistiquement liée au Bacchus et au Ganymède. Une parenté non moins importante apparaît dans une autre série de figures plus ou moins fragmentaires, dont une statue de Sol (Apollon), mises au jour dans une <a href="/images/comp-ra-134-ra-137-2.jpg" class="comparaison"><span class="img-comparaison"><img src="/images/comp-ra-134-ra-137-2.jpg" alt="Ensemble de la _villa_ de Silahtarağa à Constantinople, musée d'Istanbul, Carole Raddato CC BY-SA"/></span>_villa_ de Silahtarağa</a>, à Constantinople {% cite chaisemartin_les_1984 -L none -l Pl. 4-5 %}.
Dionysos/Bacchus et son cercle constituent le groupe le plus important dans la _villa_ de Chiragan, environ la moitié de la statuaire indépendante : figures de l'entourage du dieu, à l'image des satyres, des silènes et des ménades ou encore Ariane. Mais la popularité pour ces divinités est, il faut bien l'avouer, commune à l'ensemble des grands domaines et luxueuses demeures à travers tout l'Empire. Dans le contexte des _villae_ tardo-antiques du Sud-Ouest des Gaules ou de la péninsule ibérique, l'évident succès de Bacchus pourrait être la conséquence du renforcement de son rôle de sauveur tout autant que de la bonne fortune des hommes {% cite stirling_learned_2005 nunnerich-asmus_skulpturenausstattung_1993 arasa_i_gil_decoracion_2004 -l 87 -l 201 -l 233 %}.
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