diff --git a/index.html b/index.html index 64eb9689cad614aa618b6b10f380aeef6084e1ee..053261bec21f25d08438ab19a68f82c51b82bfe2 100644 --- a/index.html +++ b/index.html @@ -2,7 +2,7 @@ - + Meine Webseite @@ -13,22 +13,23 @@
- + "Dieu n'a pas voulu autre chose que la liberté" (Commandant Massoud)
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C'est par ces mots du commandant Massoud que je vous accueille sur la version 3.0 de Miamondo.

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Ma station de travail

Ce site est principalement consacré à l'informatique libre (Linux, langage Python), mais également à d'autres sujets qui m'intéressent. Ici, vous trouverez:

@@ -42,50 +43,159 @@ dessous.

Je vous souhaite une bonne visite.

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Cybercarnet

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La nature sous licence libre

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Bonjour,

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Pour compléter mon premier article sur l'application de la licence libre au-delà du simple domaine des logiciels, je vous propose un petit voyage en Scandinavie. Partons, si vous le voulez bien, tout au Nord, dans ces contrées qui ont vu naître Linus Torvalds. Le créateur du noyau Linux est un ressortissant finlandais appartenant à la minorité suédophone. S'il eût été un finlandais finnois, il se fût appelé Liinu torvaaldinen, par exemple. Et tout comme ses ancêtres, il eût été batteur dans un groupe de gore-metal, ce qui n'est pas le cas.

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+ Lire la suite +

Finlandais suédophone ou suédois de Finlande, peu importe. Intéressons-nous plutôt à un droit inscrit dans la coutume de tous les pays scandinaves. En Norvège, on l'appelle allemannsrett, en Suède allemansrätt, et en Finlande jokamiehenoikeus. C'est le droit d'accès à la nature. Cette loi ancestrale autorise quiconque à (je cite Wikipédia) profiter sous certaines conditions, de la nature et de ses fruits, indépendamment des droits de propriété qui peuvent y être attachés, et sans le consentement préalable du propriétaire. Le randonneur est libre de traverser la propriété d'autrui, d'y cueillir des baies et même d'y planter sa tente pour vingt-quatre heures , sans crainte de voir son sommeil brutalement interrompu par le débarquement de deux cars de CRS tout énervés.

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+ Scandinavie +

Cela dit, vous vous imaginez bien que cette coutume est encadrée. Du reste, c'est très bien ainsi car ce sont les lois que l'on se donne qui garantissent nos libertés individuelles et qui protègent les plus fragiles d'entre nous. L'absence de lois, c'est la loi du plus fort. Par conséquent, si vous randonnez en Suède, sachez:

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  • qu'il est interdit de camper dans le champ visuel ou auditif du propriétaire des lieux. Son intimité doit être respectée.
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  • Ne vous avisez pas d'abattre un arbre pour faire un barbecue! Contentez-vous de récolter du bois mort et des écorces de bouleau.
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  • Pas question non plus de débarquer en fourgon IVECO pour organiser une rave-party. La nature a horreur du bruit.
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  • Après une bonne nuit et un bon petit-déjeûner, veillez à faire disparaître les traces de votre bivouac et à remettre le lieu dans son état de propreté originel.
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Moi, j'habite dans un pays, l'Allemagne, soit disant attentif aux questions environnementales, mais dont le rapport à la nature n'est pas sans contradiction. L'Allemansrätt n'existe pas. Si vous êtes un adepte du bushcraft et que vous voulez planter votre tente au beau milieu des bois, c'est streng verboten. Vous pouvez le faire mais il ne faut pas se faire piquer. Je suppose qu'en France, c'est également interdit. Mais la conception française de l'interdiction est sans doute moins rigide qu'en Allemagne.

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Cela part peut-être d'un bon sentiment, celui de protéger l'environnement à tout prix, mais cette sanctuarisation privative de la nature, coupe l'être humain de ses racines et ce n'est pas une bonne chose. De plus, qui nous dit que dans un avenir proche, seuls les riches hélicologistes auront accès à des oasis de nature préservée tandis que les vilains, les "gens qui ne sont rien", devront se confiner dans leur appartement exigu, bien loin de toute verdure.

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+ Escalade et bivouac dans les Alpes +

Vous allez me rétorquer que les scandinaves peuvent bien se permettre de placer la nature sous licence libre, vu qu'ils sont deux vikings et trois blondines à se partager des centaines de milliers de kilomètres carré. Oui, c'est vrai qu'on ne peut pas comparer leur situation avec celle des Pays-Bas, où les gens vivent les uns sur les autres, mais en France, il y a suffisamment d'espace pour ne pas sanctuariser la nature. Durant le confinement, l'interdiction radicale de profiter des plaisirs d'une balade en forêt ou sur la plage, était parfaitement injustifiée et ne présage rien de bon pour l'avenir.

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Si on ne place pas la nature sous la protection d'une licence libre strictement définie, qui permette qu'elle devienne notre bien commun à tou(te)s, alors elle deviendra le privilège de celles et ceux qui auront suffisamment d'argent pour y accéder. Elle deviendra non pas privée mais privative. Il n'est pas exagéré d'imaginer des oasis de nature enceintées et interdites aux édenté(e)s. Lorsque le Président de la République et Madame profitaient d'un jardin de deux hectares, au coeur du huitième arrondissement, et que les riches Parisiens prenaient courageusement le chemin de l'exode en direction de leur résidence secondaire sur l'île de Noirmoutier, d'autres Français(es), privées de verdure, pétaient une durite dans leur appartement insalubre.

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Rien ne justifiait cette interdiction d'accès à la nature si ce n'est la volonté, peut-être subconsciente, de tester la résilience et la naïveté de tout un peuple en vue du nouveau monde que les puissants lui réserve... Un monde privatif, où la nature, sanctuarisée à outrance, sera protégée par des milices privées.

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D'aucuns vont me faire remarquer que malgré le droit à la nature, la politique suédoise de non-confinement a été un désastre. Oui, c'est vrai, mais ce désastre sanitaire a été provoqué non pas par l'allemansrätt mais par le fait que les suédois, avec une certaine arrogance de peuple à qui tout réussit, ont continué à fréquenter les terrasses de café et les magasins IKEA en se disant que de toute façon, leurs gènes de vikings les protégeraient. Ils avaient Thor, si je peux me permettre ce lamentable jeu de mots.

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En Allemagne, il n'était pas interdit de profiter d'une promenade en forêt sans limitation de temps, pourvu que l'on fût en binôme et que l'on respectât une distance de sécurité d'un mètre cinquante. Et croyez-moi, pour l'équilibre mental (en tout cas pour le mien), cette décision était pleine de bon sens. L'interdiction d'accès à la nature n'a absolument pas réduit le nombre d'infecté(e)s en France. On ne rapporte aucun cas d'arbres ou de fougères contaminés au COVID-19. Aucun... Vous ne prenez pas de risque en caressant une écorce. Cette interdiction absurde était le fruit d'une volonté politique visant à préparer les esprits au fait que la destruction de l'environnement va transformer chaque arbre en une denrée précieuse.

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Ce que je dis est profondément politique, j'en suis conscient, mais le concept de licence libre également. C'est une vision du monde qui s'oppose à une autre vision du monde. C'est en tout cas comme ça que je vois les choses. Le droit d'une famille de nantis à traverser l'atlantique sur un voilier en polyester dont la fabrication et le recyclage n'ont rien de durable, devrait être tout simplement interdit et remplacer par le droit de tout écolier français de pouvoir un jour faire une sortie en mer encadrée. Dès l'école, il faudrait une vraie politique de découverte de tous les aspects de la nature et des quatre éléments qui la constituent:

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  • la mer pour l'eau,
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  • la montagne pour l'air pur,
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  • la campagne pour la terre,
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  • les volcans pour le feu.
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Oui, je suis pour le rétablissement du service national! Mais un Service National de Protection de la Nature. Chaque ville devrait se noyer dans la verdure et se doter de jardins municipaux qui seraient le bien commun de tous ses habitants. Lorsque je parle de jardins municipaux, je veux parler bien sûr de jardins potagers. Rien de ce qui est placé sous licence libre ne sombre dans l'anarchie, bien au contraire! Sur ce point, Wikipédia en est un parfait exemple. Cette encyclopédie accessible à tou(te)s, est devenue une référence. C'est une immense source de connaisances protégée par une communauté d'administrateurs qui ne sont pas des miliciens mais des médiateurs. Wikipédia NOUS appartient. Elle fait partie du patrimoine de l'humanité.

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Le droit d'accès à la nature est une sorte de licence libre qui permet aux scandinaves de ne pas se couper de leur environnement, car aucun être vivant ne peut s'épanouir s'il ignore où plongent ses racines. Nous serions bien avisé(e)s d'adopter le plus vite possible cette coutume, avant qu'un gouvernement, soumis aux puissances de l'argent, ne décide de placer des péages à l'entrée des forêts ou des plages. Le plus grand danger qui nous guette, c'est que même la nature devienne privative.

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À la découverte de Flask

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Il y a quelques semaines, j'ai découvert Flask, une infrastructure de développement implémentée en Python et combinée à un serveur local. Son programme de base compte en tout et pour tout, sept malheureuses lignes de code!

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+ Lire la suite +
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+ Code minimal +

Une fois exécuté, il vous permet d'afficher Hello world, à l'adresse 127.0.0.1:5000, (c'est-à-dire localhost, port 5000). Pour pouvoir utiliser cet outil fort intéressant, il faut au préalable l'installer. Avec Archlinux, c'est un jeu d'enfant. mettez d'abord vos paquets à jour avec pacman -Syu puis entrez cette commande:

+ sudo pacman -S python-flask +

Avec Debian et ses dérivés, c'est un peu plus compliqué mais vous trouverez la procédure à cette adresse.

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Alors, comment est-ce que j'en suis venu à m'intéresser à Flask? Eh bien, c'est parce que je me suis mis en tête de créer mon propre site web pour l'héberger sur une raspberry pi. C'est un projet qui va m'occuper pendant plusieurs mois mais je suis bien avancé puisque le code HTML/CSS3 est déjà opérationnel. Certes, le design s'inspire de celui qui habille mon site actuel hébergé chez un SGB, mais je vous assure que je n'ai pas pompé une seule ligne de code! Sinon c'est pas du jeu. Voici donc à quoi ressemble le site autohébergé Miamondo 3.0 version alpha:

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+ Miamondo 3.0 Alpha +

Je suis relativement satisfait du résultat. Cela dit, je souhaite avoir un site qui soit un minimum interactif. J'ai donc créé un onglet de recherche qui, si je ne dis pas de bêtises, a besoin d'un peu de code javascript et d'une base de données pour fonctionner. Mais comme j'aime bien expérimenter des trucs (même si parfois ça part en cacahouète), je me suis dit que je pourrais peut-être essayer de trouver une solution alternative avec le langage Python. Et ça tombe bien puisque Flask est un outil qui marie joyeusement Python et HTML.

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Dans un environnement Flask expérimental, il est tout à fait possible de renvoyer à un visiteur, le résultat d'une recherche et ceci, en utilisant simplement du Python. Je le sais puisque je viens justement de le faire. Par contre, je ne sais pas si ce procédé fonctionnera une fois que le site sera en "production", hébergé dans sa raspberry Pi. J'ai des doutes car lorsque je démarre le serveur, voici le message qui s'affiche dans la console:

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WARNING: This is a development server. Do not use it in a production deployment. Use a production WSGI server instead.
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Je ne sais pas ce que c'est qu'un WSGI mais tout me laisse à penser que cette mise en garde en rouge n'augure rien de bon et qu'il faudra que je me mette en quête d'une autre solution...

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On verra bien. En attendant, voici comment j'ai procédé (d'abord le code suivi de quelques explications sommaires):

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Code Python

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+ Code Python +

Code HTML

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+ Code HTML +

Il s'agit bien évidemment de la portion de code HTML qui nous intéresse, c'est-à-dire celle qui correspond au champ de recherche "liée" au code Python. Pour le reste du code, c'est ici que ça se passe.

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  • Dans mon répertoire utilisateur, j'ai d'abord créé un sous-répertoire intitulé webapp et j'y ai placé le script primaire de Flask (celui qui est tout en haut de ce billet). Il s'intitule app.py.
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  • Je l'ai complété en important render_template (nécessaire pour afficher la page index.html) et request (nécessaire pour récupérer la recherche client dans une variable).
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  • La fonction index() affiche la page d'accueil index.html.
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  • Cette page HTML doit être placée dans un sous-dossier de webapp intitulé templates.
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  • En ce qui concerne le code CSS, les images du site et autres documents PDF, ils doivent être placés dans un sous-répertoire de webapp intitulé static. Au final, voici l'architecture de votre site:
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    + +
    + Architecture flasque +
  • La fonction sniff() cherche dans la page index.html, les occurrences correspondant à la recherche du visiteur. Ce dernier n'est pas obligé de respecter la casse car le processus sniff() met tout en minuscules. Vous noterez que les deux fonctions renvoient un résultat. Si ce n'était pas le cas, le programme planterait.
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On continue:

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  • Je créé une liste vide et je récupère la totalité des lignes du fichier index.html que je joins avec la méthode "".join(). Ce n'est donc plus une liste mais un string.
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  • Je redécoupe cette gigantesque chaine de caractères en éléments séparés par "\n\n". Ce procédé m'oblige par contre à respecter des règles rigoureuses dans l'agencement de mon code html. Chaque section doit être séparée par "\n\n". Je me demande si je ne ferais pas mieux de créer un dictionnaire contenant tous les mots du site et qui, contrairement à une liste, n'aurait pas besoin d'être parcouru puisqu'il s'agit d'une table de hachage. À voir... Continuons:
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  • Une fois les occurrences trouvées, la liste found se charge d'afficher le menu principal, la bannière, les articles qui contiennent l'occurrence recherchée et enfin, le menu latéral avec l'onglet de recherche (found.append(lines[-1]).
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  • Si sniff() ne trouve rien, il affiche un message adéquat:
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    + +
    + Recherche infructueuse +
  • Si j'entre le mot Révolution en mélangeant volontairement majuscules et minuscules, sniff va m'afficher le premier article qui, de fait, contient bien ce mot.
  • +
    + +
    + Révolution +
  • Si j'entre le mot Massoud, sniff va m'afficher l'introduction du site et effacer le reste.
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+ Massoud +

Voilà... Tout ça pour dire que ça ne m'étonne pas que Flask soit devenu si populaire compte tenu de sa simplicité de mise en oeuvre et des possibilités qu'il offre. Je vais continuer à utiliser cet outil et à voir ce que je peux faire sur mon site 3.0 alpha, en utilisant simplement Python.

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Peut-on rêver d'un nouveau monde sous licence libre?

La révolution française, porteuse de valeurs à destinée universelle, est née en Islande, au coeur des cratères du Laki. Voici à quoi ressemble son berceau de nos jours:

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Les cratères du Laki

Oui... La prise de la Bastille fut la conséquence ultime d'un phénomène géologique catastrophique, une éruption de lave et de cendres toxiques qui tua 25 % de la population islandaise avant de s'attaquer au continent européen. Ce n'est pas un invisible virus qui envoya l'ancien régime au tapis, mais une armée de particules à l'origine d'un dérèglement climatique de grande ampleur. Cela s'est passé en 1783 et ce traumatisme écologique engendra un été anormalement chaud, suivi de plusieurs hivers particulièrement rigoureux. Dans le Royaume de France, affamés et n'ayant plus rien à perdre, les "gens qui ne sont rien" prirent leurs faux pour les emmancher droit. On connait la suite...

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Mais moi ce qui m'intéresse, c'est un événement mineur que l'histoire n'a pas retenu: L'abolition de la commission des péages en 1790. Cette agence était, je cite Wikipédia, "chargée de contrôler la validité de tous les droits et péages sur les routes et rivières navigables". Peut-être s'était-elle également donnée pour mission de s'en foutre plein les poches. Allez savoir! En tout cas, elle ne manquait pas de travail puisqu'à cette époque, les péages pullulaient. La conséquence de ce racket organisé était une pauvreté des déplacements et bien évidemment des échanges commerciaux réduits à la portion congrue. Les gueux payaient des impôts deux fois: pour construire les routes et pour avoir le droit de s'y déplacer. C'est-à-dire que LEUR réseau routier ne leur appartenait pas. Eh bien, on peut  faire le parallèle avec les logiciels privatifs. Prenons le cas d'Apple. Cette société, bien pire que Microsoft, ne confère même pas l'accès au BIOS à celui ou celle qui a acheté l'un de ses produits!

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Lequel ou laquelle d'entre vous a déjà acheté une voiture avec un capot soudé pour l'empêcher d'accéder au moteur? Connaissez-vous dans votre entourage un/e abruti/e ayant acheté une maison avec une clause contractuelle précisant qu'il ou elle n'a pas le droit de se lancer dans le moindre chantier de rénovation pour rendre la bicoque conforme à ses goûts personnels? Moi, je n'en connais pas... Cela dit, chaque contribuable s'acquitte docilement de la taxe d'habitation qui, comme son nom l'indique, l'autorise à habiter dans le bien qu'il a acheté ou qu'il loue à fonds perdus. Elle vient s'ajouter à la taxe sur les ordures ménagères (qui, elle, me semble justifiée), et à la taxe foncière qui autorise le vilain à vivre sur le terrain qu'il a acheté et où est bâtie la maison dans laquelle il a le droit d'habiter grâce à la taxe d'habitation. Oui... Dit comme ça, ça parait dingue.

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Je reviens à mon histoire de péages. Aujourd'hui, à l'exception des autoroutes et de quelques ouvrages d'art particuliers, tout le réseau routier est gratuit et libre d'accès. Vous pouvez vous y déplacer comme bon vous semble, moyennant le respect de certaines règles garantissant la sécurité d'autrui. D'une certaine manière, le réseau routier est sous licence libre, et il ne viendrait à personne l'idée saugrenue d'établir des péages à chaque rond-point! Pourquoi? parce que les échanges commerciaux s'en trouveraient fortement impactés et le reste de l'économie avec. Donc, la licence libre est un gage de progrès et de développement dans la mesure où, bien entendu, elle est encadré par des lois garantissant la protection du travailleur et de son environnement naturel. Et de fait, on le remarque avec Linux et les logiciels libres: ladite licence n'a jamais freiné le développement de ces produits ni menacé leur existence. En fait, c'est curieux mais un logiciel libre est un logiciel qui appartient pleinement à son propriétaire. Par conséquent, c'est un logiciel que l'on pourrait qualifier de propriétaire, tandis que les logiciels que l'on qualifie actuellement de propriétaires sont des logiciels privatifs puisqu'ils nous privent de notre liberté d'en jouir comme bon nous semble. Quiconque achète un Mac dans un Apple store, repart avec un produit sous le bras qui ne lui appartient pas complètement, et dont il ignore la composition exacte. C'est un peu commes les fricadelles...

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Bref, on voit bien que les avantages de la licence libre l'emportent sur les inconvénients. Elle ne bride pas les initiatives. Elle n'étouffe personne. Elle est transparente. C'est la raison pour laquelle je suis porté à croire que sa généralisation aurait sans doute un impact positif sur tous les aspects de notre vie sociale. Il faudrait toutefois qu'elle soit mise en application dans un cadre garantissant le respect de la liberté d'autrui, car ce qu'on nomme Liberté, c'est le respect des lois que le peuple souverain s'est donné à lui-même.

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"La liberté guidant le peuple"

Pourquoi alors ne pas instaurer la gratuité de tous les moyens de transports collectifs (bus, trains...)? Certains me diront qu'il faut que je revienne sur Terre, qu'une telle initiative est irréalisable. Je leur rétorque que l'abolition de la commission des péages sous l'ancien régime, était également irréalisable, sous prétexte qu'il n'y avait "pas d'argent magique". Pourtant, en 1790, les révolutionnaires l'ont fait disparaître! Et je ne crois pas qu'à cette époque, José Garcimore eût été le ministre des Transports. L'argent est là, concentré dans quelques griffes. Mieux le répartir n'est qu'une histoire de courage politique.

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Il existe aussi un autre domaine qui pourrait relever de la licence libre: le droit de travailler comme bon nous semble. Cela passe par l'instauration d'un revenu universel versé à chacun/e d'entre nous. Croyez-vous vraiment que cette allocation universelle ferait de nous des larves passant leurs journées à jouer à la console, au fond d'un canapé rempli de gousses de cacahouètes? Moi, je suis persuadé du contraire. Elle nous enlèverait le stress de devoir travailler pour survivre. Elle nous libérerait de ce que j'appelle la dictature industrielle et permettrait à chacun d'entre nous de se lancer dans des projets personnels qui seraient générateurs de richesses. Et quand je dis "richesse", je ne pense pas forcément à l'argent. Quelqu'un qui déciderait de se lancer dans le maraîchage bio et qui distribuerait une partie de ses légumes gratuitement à la communauté, créerait lui aussi de la richesse et du lien social.

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Celles et ceux qui ont appris un métier manuel, comme par exemple les ébénistes, et qui dans une entreprise industrielle, ne peuvent s'épanouir pleinement du fait de la structure même du travail, pourrait enfin s'affranchir et prendre le temps de se lancer dans des réalisations toutes personnelles, des meubles finement ciselés pour eux-mêmes ou pour les autres... des meubles dont les plans seraient sous licence libre. Les mots artisan et artiste ont tous les deux sept lettres et en partagent cinq. Ils ont la même origine étymologique et la même vocation: celle d'engendrer des oeuvres pérennes. Le Beau est aussi ce qui manque à ce monde.

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La culture libre peut très bien choisir de se cantonner aux logiciels et de mener sa petite vie tranquille, à l'écart des malheurs qui frappent l'humanité. Elle peut aussi se donner d'autres ambitions et contribuer à la genèse d'un nouveau monde. Mais elle ne le fera pas sans celles et ceux qui adhèrent à sa Weltanschauung.  Elle ne le fera pas si nous ne réussissons pas à nous libérer de nos peurs.

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