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new: lecture d'Ecritures digitales de Claire Clivaz

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title: "Ecritures digitales de Claire Clivaz"
date: 2019-11-06 10:00
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description: "Lecture en cours du livre de claire Clivaz, Ecritures digitales."
categories:
- lectures
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Notes brutes du livre de claire Clivaz, _Ecritures digitales_.
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## Notes
_La version numérique ayant été utilisée pour la prise de note, seules les parties et sous-parties sont indiquées ici. Charge au lecteur de mes notes de faire une recherche dans la page web (ou le PDF) pour retrouver le passage cité._
En préambule il faut indiquer que la lecture de ce livre est facilitée si l'on dispose d'une culture religieuse, chrétienne et protestante, ce qui n'est pas mon cas.
Même si Claire Clivaz fait un effort important pour contextualiser continuellement, il est parfois difficile d'appréhender totalement la complexité {à compléter}.
### Introduction
#### 1. Préambule
> Ce livre s’attache donc à scruter le devenir de l’écriture digitale et des Ecritures digitales, deux parcours rassemblés en français en une seule expression qui sert de titre : _Ecritures digitales_.
Le premier étonnement est l'absence d'accent aiguë sur le "E" majuscule, ce détail typographique m'interroge : s'agit-il d'une simple erreur ?
Apparemment c'est un choix éditorial, puisqu'aucune majuscule n'est accentuée (la lecture n'est pas facilitée, dans mon cas).
La tâche que s'est donnée Claire Clivaz semble explicite : questionner l'écriture dans un environnement/monde désormais numérique (ou digital), en incluant _les_ Écritures au sens religieux.
Le plan est intéressant dans sa forme puisque les quatre parties s'entrelacent autour des concepts d'écriture – l'"écriture digitale" (parties 2 et 3) et les "Ecritures digitales" (parties 1 et 4) – et s'enchaînent en partant d'une analyse globale pour ensuite "mener l'enquête".
#### 2. Ecritures en jeu
La question est de savoir ce que devient la culture livresque et religieuse avec l'essor du numérique : "ce qu’il advient des « Ecritures » sacrées pour la tradition judéo-chrétienne dans la culture digitale".
L'avènement du numérique, ou tout du moins sa présence désormais quasi-systématique, peut-il se faire sans notre corps ?
Que ce soit le rapport à la lecture et donc au livre, ou le rapport à l'écriture et donc au geste manuel, il faut prendre en compte cette relation entre numérique et physique.
Claire Rivaz fait appel à Umberto Eco, Jacques Derrida et Robert Darnton pour appuyer ses propos, naviguant entre défense de l'imprimé, angoisse de la disparition du manuel et étonnement du numérique.
Ainsi est introduit le concept d'_humanités_, son étymologie ayant un fort rapport avec le physique, il sera également question d'_humanités numériques_ dans les parties suivantes.
#### 3. La langue et les mots
> Le propos du présent ouvrage est donc de s’interroger à la fois sur l’_écriture_, ce savoir-faire profondément ancré au cœur des sciences humaines, et sur _les Ecritures_ bibliques.
Il s'agit donc, pour Claire Clivaz, d'étudier l'écriture autant dans les sciences humaines que dans la religion.
Une question à ce niveau : la religion est-elle considérée elle-même _dans_ les sciences humaines, comme par exemple avec l'étude des religions ou la théologie ?
L'autrice s'explique sur le choix du français et de l'anglais pour ce livre, comme une nécessité d'attirer un public anglophone tout en défendant la langue française, dans le contexte des sciences humaines et plus particulièrement des humanités numériques.
> Dans cette culture [multimodale digitale], le texte devient un vecteur d’information parmi d’autres [...].
C'est une des affirmations sur laquelle je me suis interrogé pendant toute ma lecture : avec le numérique le texte est justement présent partout, quelque soit le vecteur ou la forme de l'information.
Par exemple même un enregistrement sonore diffusé sur le web sera nécessairement accompagné de données textuelles, quand bien même l'information sera entendue.
Toute information numérique est du texte : une série de langages informatiques, jusqu'aux zéros et aux uns, les atomes du numérique.
#### 4. La Bible au creuset de la culture digitale
De la même façon que le grec ancien n'est plus enseigné, la théologie chrétienne a perdu une place importante dans le domaine universitaire, c'est ce que déplore Claire Clivaz, et je ne comprends pas totalement cette comparaison.
S'il s'agit effectivement de deux socles (parmi d'autres) de nos cultures, il est important de distinguer une civilisation (grecque) d'une religion (chrétienne), qui pour moi ne peuvent pas être placées sur le même plan, quel que soit leur influence.
> je propose de situer ce qu’il advient des Ecritures en lisant d’abord ce qu’il advient de l’écriture en général
Et c'est là une précision très importante et utile, l'entreprise de Claire Clivaz n'est pas d'étudier l'écriture, mais de l'étudier pour comprendre l'évolution des Écritures.
Nous devons noter que dès l'introduction Claire Clivaz étaye régulièrement ses analyses et ses propositions de cas concrets et illustratifs qui facilitent la compréhension du lecteur.
### Chapitre 1 : Les Ecritures hors du Livre
Claire Clivaz annonce les objectifs de ce chapitre au fil du texte : comment est formulée la dualité de la lecture et de l'écriture (point 1) ? "Quel est le rôle de la culture biblique dans l’émergence des digital humanities et comment lire la matérialité digitale depuis la longue histoire du support matériel des Ecritures (point 2)? Qu’en est-il de la question de l’édition même du Nouveau Testament et de l’inscription de ces Ecritures dans une littératie multimodale (point 3) ?"
#### 1. L’identité réformée entre livre et lecture
Le titre de ce premier chapitre s'explique par le fait que les Écritures ont cette spécificité d'être premières dans l'accès à la religion, mais secondes dans les faits.
Claire Clivaz recense des études, éditions, formations et autres courants qui marquent une nette évolution des études des religions avec l'intégration du numérique.
L'ouvrage "Sola Lectura ?" est commenté, en cela que son titre propose l'émancipation de l'écriture par rapport au livre (dans son acception allemande) ou la dissociation des deux (dans sa traduction française).
Il s'agit de la même dichotomie (relative) pour le numérique : entre optimisme et enthousiasme, ou angoisse et regret.
> Sans que l’on puisse, bien sûr, mettre ces doctes opinions en équation avec la « dissociation entre l’écrit et le livre » d’un côté, et l’_Emanzipation der Schrift vom Buch_ de l’autre, il est utile de prendre conscience en entrée d’ouvrage que les acteurs de la vie intellectuelle peuvent réagir de manières diverses au changement culturel en cours. Tout un chacun peut, suivant les cadres et les moments, passer d’un sentiment de dissociation à une conviction d’émancipation, ou inversement, dans son interrogation sur le phénomène des écritures digitales. Ce phénomène invite en tout cas à mesurer ses forces et faiblesses en regard des nouvelles exigences qu’il pose.
#### 2. Les Ecritures et la culture digitale : histoire et matérialité
Cette partie débute sur la question de l'archive et de l'archivage comme outil et support d'une culture.
Sans archive, et donc inscription et écriture, il ne peut y avoir de message, quand bien même c'est celui-ci qui prévaut.
Cette question revient régulièrement dans le début du livre de Claire Clivaz, et c'est le point commun entre écriture et Écritures, d'autant plus avec le numérique : l'inscription précède.
Cela rejoint l'approche défendue par (par exemple) Marcello Vitali-Rosati : l'écriture est là avant toute chose, cet _avant_ n'étant pas temporel.
> [...] Olender valide on ne peut plus fortement le lien entre support matériel d’écriture, archive et christianisme, cette archive « forme de la civilisation chrétienne ».
L'archive ou la question de la mémoire, question qui se décline en recherche de vérité, lieu de la mémoire (interne ou externe avec l'écriture), et lien avec la technique :
> Un dialogue interdisciplinaire est ici indispensable, qui m’amènera au chapitre 3 à fortement militer pour considérer le code comme une écriture digitale à part entière, comme un langage que les chercheurs en sciences humaines feraient bien de découvrir et de s’approprier s’ils souhaitent rester les spécialistes des langues.
Claire Clivaz parle à plusieurs reprises de "sortie du papier", et considère une rupture avec le numérique.
C'est peut-être une erreur d'entrevoir un césure là où il y a peut-être un glissement qui s'opère.
Pour prolonger cette question l'ouvrage d'Alessandro Ludovico, _Post-Digital Print: la mutation de l'édition depuis 1894_ ([voir mes notes et commentaires](/2017/11/21/post-digital-print-d-alessandro-ludovico/)) est d'une grande aide : l'hybridation des supports et des dispositifs est probablement la marque de l'ère numérique, plus que le passage du tout imprimé au tout numérique.
La religion a une place importante dans le nommage des termes du numérique : _cloud_ ou ordinateur font référence à Dieu, même si c'est d'une façon indirecte.
De la même façon, pourrait-on dire, les humanités numériques ont été influencées, sinon créées, par une figure religieuse : le jésuite Roberto Busa.
Claire Clivaz souligne le fait que John W. Ellison a été oublié dans cette filiation des _digital humanities_ (DH), "le premier chercheur à croiser informatique et Bible".
L'autrice conclut cette partie en défendant la thèse de la création des DH suite à l'article du père fondateur de l'informatique, Alan Turing : "Computing Machinery and Intelligence".
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