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Réorganisation des articles

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title: "Formats : introspection des workflows du séminaire de Lure"
date: 2014-10-30
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Le séminaire des Rencontres de Lure, dont l'objet était d'organiser les actions de l'association en 2014-2015, a abouti à la définition d'une thématique pour la semaine d'été : les formats.
Ce séminaire — deux jours de travail intenses — était donc l'occasion d'observer et d'analyser les formats des différents documents de travail, selon les pratiques et les usages collectifs et personnels.
Voici une tentative d'identification et de qualification des différents formats de documents produits, et échangés.
## Formats et outils
### Papier
Les **carnets personnels** sont des outils intimes où les idées prennent forme, avant de devenir un élément d'une réflexion collective. À la fois brouillon, dispositif de note, espace de création et possible archive.
Les **post-its** sont des espaces réduits où s'inscrivent des idées courtes et souvent fortes. Outil de visualisation, ils s'articulent avec le paperboard et permettent aussi d'inscrire des contenus issus des carnets, dans le collectif. Le post-it est un dispositif temporaire, voué à disparaître au terme d'une réflexion en cours.
Le **paperboard** permet une inscription pour une visualisation plus globale, c'est par exemple un bon cadre pour réunir des post-its. L'inscription s'y fait à un ou plusieurs, la grande taille des feuilles de papier ouvre des perspectives d'expression et de rassemblement — des post-its par exemple — mais le contenu qui y est inscrit sera ensuite synthétisé ailleurs, le paperboard étant lui aussi un dispositif temporaire.
### Outils/services collaboratifs connectés
Un **pad** est un traitement de texte simplifié en ligne, où plusieurs personnes peuvent intervenir en même temps : les modifications sont identifiées selon leurs auteurs, par une couleur. C'est un outil pour prendre des notes à plusieurs, le texte pouvant évoluer, être modifié et corrigé, en temps réel. Les options de mise en forme se limitent à ce que l'on peut faire avec du HTML : niveaux de titre, gras, italique, taille du texte. Le pad est très clairement un outil uniquement dédié au contenu, éventuellement à sa structure — valeur des éléments du contenu — mais pas à sa mise en forme — attribution d'un code visuel en fonction des valeurs. Son usage est temporaire, l'outil étant limité par les options de structuration et de mise en forme. Le contenu d'un pad est rarement exporté — ce qui permettrait pourtant de conserver les propriétés de structuration — mais son contenu est tout simplement copié puis collé dans un autre dispositif.
**Google Docs** est à la fois une suite d'outils d'édition (traitement de texte, tableur, etc) en ligne et collaboratifs, mais c'est aussi un outil de synchronisation (sauvegarde de fichiers sur les serveurs de Google, et sur plusieurs dispositifs). Les outils de partage et de synchronisation ne rentre pas dans cette catégorie. Pour la partie *édition en ligne*, Google Docs propose les mêmes fonctions qu'un pad, mais avec des options de mises en forme presque aussi puissantes que les outils des suites bureautiques classiques, ce qui lui donne à la fois une fonction de prise de note, mais aussi potentiellement d'édition, de mise en forme et d'archivage.
### Logiciels et formats de fichiers
J'avoue avoir été agréablement surpris de constater que des graphistes écrivent sur un ordinateur avec un outil comme **TextEdit**, et au format **RTF**. Ce format permet de mettre en forme des documents sans risque de problèmes de compatibilité. Il s'agit d'une prise de notes qui peut devenir collective en ajoutant une *couche* de synchronisation, et qui peut intégrer un premier niveau de mise en forme. Cette dernière fonctionnalité était peu ou pas utilisée, les mises en forme relevant en pratique d'indications visuelles et non de structuration — les mises en forme n'étant pas reprises telles quel.
Une utilisation de [Markdown](https://fr.wikipedia.org/wiki/Markdown) s'est faite à la marge, dans le cadre d'une utilisation individuelle — le **Markdown** se révélant utile plutôt dans le cadre d'un partage de documents, puisque cette sémantique ne dépend pas des outils d'édition.
J'ai également été surpris de voir qu'un outil comme **InDesign** est utilisé assez vite dans l'étape de production d'un document, et principalement pour des questions de visualisation de l'information. C'est finalement un outil *par défaut* pour les graphistes, plus habitués à manipuler un dispositif comme celui-ci que des outils de structuration des contenus.
## Circulations
### Bricolage/pragmatisme
Peu importe les formats, des solutions sont toujours trouvées pour faire circuler les contenus d'un outil à un autre, quitte à réécrire les textes :
+ d'un post-it au paperboard ;
+ du pad au paperboard ;
+ d'un carnet à un post-it ;
+ d'un fichier texte à InDesign ;
+ du pad à InDesign ;
+ etc.
### Centralisation
Globalement nous utilisons pour la majorité les mêmes outils de partage de documents, justement parce qu'utiliser les mêmes outils ouvrent des perspectives de travail à plusieurs. Mais il est dommage de constater que ces outils sont surtout des services (Dropbox, Google Drive), et qui plus est des services centralisés. La diversité — ou dans ce cas la non-diversité — de ces modes de partage est aussi à interroger.
### Fluidité
Malgré le fait que ce *bricolage* fonctionne, une certaine fluidité pourrait être trouvée dans cette circulation. Non pas dans une optique de rentabilisation du temps de travail, mais plutôt pour faciliter les processus d'échanges, et donc les échanges eux-mêmes et leur contenu.
La diversité des formats et des processus de circulation qui les accompagnent permet de conserver une hétérogénéité propre aux personnes et aux usages. Une telle diversité pourrait prendre une autre forme à travers la mise en place de workflows qui comporteraient moins de ruptures dans leur processus. L'uniformisation de la forme et du fond peut être le résultat du monopole d'un outil au sein d'une profession, et la standardisation peut nous permettre de sortir de cela : diversifier les outils et les approches autour de formats standardisés. C'est d'ailleurs ce qu'a permis et ce que permet encore le web.
## Anecdote
Pour ma petite histoire, ce texte a été rédigé en grande majorité dans un éditeur de texte, le fichier étant lui-même enregistré/synchronisé avec un service type Dropbox, mais la batterie de l'ordinateur ayant lâché plus tôt que prévu, j'ai fini d'écrire ce texte dans mon carnet — papier — avant de revenir compléter le fichier.
Mon workflow est d'ailleurs décrit [ici](http://www.quaternum.net/2012/12/23/pourquoi-quitter-wordpress/).
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