Commit cebb0728 authored by Antoine Fauchié's avatar Antoine Fauchié

edit: lecture des pages 130 à 189

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......@@ -188,4 +188,102 @@ La spectacularisation évoquée par Christian Vandendorpe se limite souvent à u
## Les limites de la liste
(p. 127-129) La liste a des avantages indéniables, en plus d'être visible sur écran, même si elle se limite à une juxtaposition : "La liste ne peut donc accueillir que des éléments de même nature et situés sur un axe d'équivalence paradigmatique."
La liste ne comporte pas les subtilités permises par les connecteurs, et est ainsi confinée au pla informatif.
La liste ne comporte pas les subtilités permises par les connecteurs, et est ainsi confinée au plan informatif.
# Vers une syntaxe de l'hyperfiction
(p. 131-135) Christian Vandendorpe liste des récits hypertextes avec des fonctionnalités plus ou moins originales, apportant dans tous les cas une dimension nouvelle.
(p. 136) Attention l'hyperfiction peut parfois se limiter à un spectacle que le lecteur _visionne_ (sans être lecteur et sans choisir son _parcours_).
(p. 136-137) Christian Vandendorpe parle d'hybridation à la manière d'Alessandro Ludovico, mais sur les techniques de narration et moins sur la forme ou la diffusion.
Il est intéressant de noter que le roman imprimé s'est d'ailleurs inspiré de l'hyperfiction (il me manque une référence pour appuyer mes propos).
(p. 137-138) Résumé grossier en deux points :
- l'intérêt de l'hypertexte est de créer un nouvel _espace_ non linéaire ;
- l'enjeu de l'hyperfiction est de "garder l'intérêt du lecteur".
"La lecture devient alors une quête – et dans certains cas un parcours initiatique –, où le lecteur recueille des indices qui lui permettent de passer à divers niveaux et d’atteindre finalement à la connaissance attendue." (p. 138)
## Lecture de l'image
(p. 139-140) Définition de la lecture en deux phases : perception et traitement cognitif, par le visuel ou le toucher.
L'ouïe est différent car le son "n'existe que dans la durée de sa production".
"La vue est le sens par excellence de l'intellection car elle permet d'analyser à volonté les données considérées." (p. 140)
(p. 141) Feuilleter ou lire un ouvrage, voir ou regarder : spectateur passif ou actif.
(p. 143-144) Comparaison entre la "lecture" d'un tableau et d'un hypertexte : "Dans le tableau, tous les éléments sont coprésents, alors que dans l'hypertexte ils sont placés dans un rapport de substitution réciproque."
"Surtout, l'image n'appelle pas obligatoirement un décodage." (p. 145)
(p. 146) On retrouve ce que défend Kenneth Goldsmith : le texte peut être comme l'image, se composer et prendre sens selon le contexte.
"Le langage produit du sens (ou du non-sens) et accessoirement un effet; l’image produit un effet (ou un non-effet) et accessoirement du sens."
(p. 147) L'hypertexte introduit une nouvelle dimension en deux points :
- des liens (qui peuvent être explicites) entre des éléments ;
- le contrôle par le _lecteur_ (par le biais d'une lecture _tabulaire_).
## L'écrivain et les images
(p. 151) "Même le titre d'un tableau a la priorité sur le tableau lui-même, comme d'ailleurs tout titre par rapport au texte qu'il charpente."
On constate aujourd'hui une disparition du texte structuré, jusqu'aux titres des publications (exemple de Twitter où des contenus sont publiés directement, sans titre) ou aux légendes des images (exemple d'Instagram qui permet de diffuser des images sans forcément de légende).
Ainsi le lecteur se construit lui-même sa légende ou son titre – ce qui représente un gain en liberté et une perte de contextualisation et amener de la confusion.
"Il n’est pas sûr du tout que les prochaines générations, placées devant des environnements mixtes, liront d’abord le texte comme nous avons si souvent tendance à le faire nous-mêmes. Au contraire, les boucles de rétroaction entre le texte et l’image vont se multiplier à l’infini, ainsi que les zones de mouvance entre la spectacularisation du texte-fragment et la textualisation du tableau." (p. 152)
## Du point et des soupirs
"De tous les signes, c’est sans doute la virgule qui est le témoin le plus révélateur de l’évolution du rapport au texte. Elle pose en effet la question du système global de référence auquel le texte devrait être inféodé." (p. 161)
(p. 162-163) "L'écriture hypertextuelle" inventerait sa propre ponctuation, par exemple le signalement de liens ou les émoticônes.
## Op. Cit.
"Dans un contexte de lecture extensive comme le nôtre, cette vénérable méthode de renvoi revient à contrôler le lecteur en lui imposant un parcours linéaire et d’injustifiables pertes de temps. Résidu fossile du discours oral, ce procédé est donc beaucoup plus proche de la culture du volumen que de celle du codex." (p. 165)
Peut-être que le codex aura eu besoin de l'hypertexte pour se détacher totalement du volumen.
D'autres systèmes ont ensuite été mis en place pour rendre compréhensible une référence quel que soit le passage lu !
(p. 166-167) L'usage de la note est problématique : elle perturbe alors qu'elle pourrait être intégrée au texte.
"Ces difficultés et ces réticences que le livre éprouve à mener deux textes en parallèle sont révélatrices de la prédilection ancienne de celui-ci pour le fil continu, longtemps considéré comme la condition incontournable d’un fonctionnement optimal de la machine textuelle."
Je ne partage pas la position de Christian Vandendorpe sur le fait que cela ne soit qu'une question de gain de temps, il s'agit plutôt d'une question de cohérence et de simplification – le gain de temps est une conséquence.
L'écriture hypertextuelle pourrait tout de même faciliter la lecture en _cachant_ des passages jugés moins prioritaires.
(p. 168) Si l'hypertexte peut devenir un gigantesque système de notes, il est possible de designer les choses autrement pour faciliter la lecture du _paratexte_.
## Lecture intensive et extensive ou les droits du lecteur
(p. 170) La tabularisation favorise une lecture d'écrémage, alimentant une lecture extensive, au détriment d'une lecture intensive ?
C'est surtout la place du lecteur qui change : il choisit ce qu'il lit.
(p. 173) "[...] trois raisons au moins incitent à une lecture fébrile et placée sous le signe de l’urgence." :
1. le confort de lecture est désormais possible (liseuses, téléphones intelligents, design responsif ou adaptatif), contrairement à l'époque où Christian Vandendorpe a écrit ce livre ;
2. Il est vrai que les occasions de cliquer et de partir ailleurs sont nombreuses (autant que les livres imprimés dans l'étagère à côté de moi me sortent de ma lecture) ;
3. enfin, aujourd'hui commenter et annoter est bien plus simple.
## Représentations du livre
(p. 175-179) Si le livre a perdu en force évocatrice au 20e siècle, pour être supplanté par l'ordinateur à la fin des années 1990, il connaît un retour comme argument marketing que Christian Vandendorpe n'avait pas prévu...
## Stabilité de l'écrit
"La permanence texte est désormais chose du passé." (p. 181)
L'informatique permet de modifier un texte à l'infini.
"En remettant son manuscrit à un éditeur, l’auteur lui confie le soin de faire passer une production symbolique dans la sphère des échanges commerciaux, ce qui implique la prise en charge de la normalisation du texte, de la typographie, de la mise en page, de l’impression et de la diffusion. Ces diverses instances, qui mobilisent de nombreux spécialistes, ont pour effet de transformer le manuscrit en un objet socialisé, propre à entrer dans les circuits de consommation et à trouver son public le plus plausible." (p. 181-182)
"Télescopant toutes ces barrières, un texte électronique peut, en quelques heures, être rendu accessible sur Internet, dès que son auteur le considère comme terminé." (p. 182)
Pour Christian Vandendorpe Internet se résumerait donc à un moyen de _publier_ plus vite.
"Surtout, une structure éditoriale [...] fournit la garantie implicite que les textes proposés méritent qu'on s'y intéresse." (p. 182)
# Spatialité de l'écrit et contrôle du lecteur
"Une fois fixées par écrit et mises à plat sur la tablette d’argile ou sur la page, les données verbales ne relèvent plus d’abord de l’ordre du séquentiel. Elles ont troqué l’ordre de la temporalité contre celui de l’espace, échappant ainsi radicalement à leur auteur pour appartenir à l’esprit qui s’en saisit." (p. 184)
"Sous hypertexte, en effet, l’écrit n’est plus régi par des rapports de surface mais de profondeur." (p. 184)
(p. 184-185) Il faut donc noter que l'hypertexte redonne une dimension de contrôle à l'auteur, qu'il avait perdu lors du passage de l'oral à l'écrit.
Il n'y a donc pas que le lecteur qui (re)trouve une forme de maîtrise ou de contrôle.
(p. 187-188) Christian Vandendorpe propose que le texte sous forme hypertexte soit présenté avec des avertissements sur sa longueur et sa forme (par exemple s'il comporte des images).
L'_épaisseur_ du livre est plus subtile, il manque encore un moyen adéquat pour formuler la quantité.
"Bref, l’écran de l’ordinateur doit pouvoir communiquer visuellement quantité d’informations qui, dans le monde physique, sont fournies par les dimensions spatiales des lieux parcourus ou, dans l’univers du livre, par des sensations tactiles ou visuelles périphériques, telle l’épaisseur du volume qu’on a entre les mains."
(p. 188-189) Christian Vandendorpe mentionne "des opérations de lecture et d'écriture", il est assez réjouissant de lire de façon claire qu'il ne s'agit pas que de lecture.
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