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edit: finalisation avec la 3e partie

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## Lost in tabs
Début janvier 2019 mon navigateur web Firefox plante, c'est-à-dire qu'il a un comportement inattendu et s'arrête inopinément.
Cela arrive parfois et en soit ce n'est pas gênant, il suffit de le redémarrer et tout repart _comme avant_.
Le problème c'est l'usage que je fais de ce navigateur depuis plusieurs années : je laisse ouvert les onglets utiles à [ma veille](/flux), et j'ai ainsi plus d'une centaines de liens en attente, certains visités la première fois depuis plus de deux ans.
Cela arrive rarement et en soit ce n'est pas gênant, il suffit de le redémarrer et tout repart _comme avant_.
Le problème c'est l'usage que je fais de ce navigateur depuis plusieurs années : je laisse ouvert les onglets utiles à [ma veille](/flux), et j'ai ainsi plus d'une centaines de liens en attente, certains visités la première fois depuis plusieurs années.
Je fais ainsi de mon navigateur ma mémoire vive numérique, ce qui n'est pas sans risque puisque cette fois les onglets en question ne sont pas réouverts.
Ma sessions précédente n'est pas restaurée et je perds près de 200 liens, la majorité mis de côté pour une lecture ultérieure.
Ma session précédente n'est pas restaurée et je perds près de 200 liens, la majorité mis de côté pour une lecture ultérieure.
Passé le constat – déjà fait depuis que j'ai cette fâcheuse pratique – que je me suis mis dans une situation pour le moins périlleuse, il faut que je trouve un moyen de retrouver ces plus de 150 liens.
Certains ne sont probablement pas utiles, en effet si je ne les ai pas lu ou traité depuis deux ans, un an ou six mois, c'est qu'ils n'étaient pas si précieux.
Mais je dois identifier ceux que je voulais intégrer dans ma veille ou qui sont nécessaires à mes différentes activités.
Passé le constat – déjà fait depuis que j'ai cette fâcheuse pratique – que je me suis mis dans une situation pour le moins périlleuse et un peu surréaliste – si je n'ai pas lu certaines pages web depuis plus de six mois c'est que je ne les lirai jamais –, il faut que je trouve un moyen de retrouver ces plus de 150 liens.
Je sais qu'il y a tout de même quelques pépites parmi eux, je dois identifier ceux que je voulais intégrer dans ma veille ou qui sont nécessaires à mes différentes activités.
Intérieurement je me dis que l'on ne m'y reprendra plus, que je ne dois pas faire reposer ma mémoire vive – qui était devenue ma mémoire numérique vu le temps de conservation – sur un système qui peut faillir.
Intérieurement je me dis que l'on ne m'y reprendra plus, que je ne dois pas faire reposer ma mémoire vive – qui était devenue ma mémoire numérique sur le long terme vu le temps de conservation – sur un système qui peut faillir si facilement.
La question n'est pas la résilience d'un logiciel, mais plutôt la mienne et les moyens que je convoque pour cela.
Ce qui ne m'a pas empêché de pester contre Firefox et ce plantage...
Je ne vais pas parler ici de comment faire pour contourner un tel problème, mais de ce que j'ai découvert à ce moment-là – et c'est plutôt vertigineux.
## Plongée dans les données
Pour retrouver tout ou partie de ces fameux onglets _ouverts_, je commence une plongée dans mes données.
Je trouve une façon de récupérer mon historique depuis quatre ans, puis deux ans, puis six mois, puis un mois, histoire d'avoir à ma disposition un _set_ exploitable et un minimum lisible : un fichier [csv](https://fr.wikipedia.org/wiki/Comma-separated_values) de plusieurs centaines de milliers de lignes.
Je trouve une façon de récupérer mon historique – il y a pléthore d'extensions our Firefox qui font cela plus ou moins bien – sur quatre ans, puis sur deux ans, puis sur six mois, puis un mois, histoire d'avoir à ma disposition un _set_ exploitable et un minimum lisible : un fichier [CSV](https://fr.wikipedia.org/wiki/Comma-separated_values) de plusieurs centaines de milliers de lignes.
Une fois le fichier sous la main, je commence un nettoyage de mon historique : environ 30 000 liens différents visités en une trentaine de jours, dont certains plusieurs fois.
C'est là que débute le vertige, je n'avais pas conscience de visiter autant de pages web, et autant de pages web différentes en si peu de temps.
Une fois le fichier sous la main, je découvre environ 30 000 liens différents visités en une trentaine de jours, dont certains plusieurs fois – à la fois via mon ordinateur et mon téléphone portable, partageant l'historique via la fonction [Sync](https://fr.wikipedia.org/wiki/Firefox_Sync) de Firefox – et je commence un nettoyage de mon historique.
C'est là que débute le vertige, je n'avais pas conscience de visiter autant de pages web, et autant de pages web différentes en si peu de temps : 30 000 !
Que ce soit pour plusieurs activités professionnelles différentes, mais aussi pour des usages plus _personnels_ et parfois divertissants.
Cela représente 1000 pages web par jour, dont certaines ont été visitées plus d'une centaine de fois.
Ma consommation du web me paraît totalement surréaliste...
Ma consommation du web me paraît totalement consumériste...
Je trie ces données en supprimant les liens inutiles : recherches (moteurs de recherche, dictionnaires, encyclopédies), plateformes diverses (allant des revues scientifiques ou réseaux sociaux en passant par )
Explorer les historiques.
Tout conserver, quel sens ?
Je trie ces données en supprimant les liens inutiles : recherches (moteurs de recherche, dictionnaires, encyclopédies), plateformes diverses (allant des revues scientifiques ou réseaux sociaux en passant par des sites de vidéo)
J'utilise quelques expressions régulières pour rendre le fichier CSV utilisable.
L'objectif n'est pas de tout conserver, cela n'aurait pas de sens, mais de retrouver les pages qui ont un réel intérêt pour moi.
Je parviens au bout de quelques heures à ne sélectionner qu'une cinquantaine de pages que je souhaite lire, partager ou intégrer à ma veille.
## La fragilité du numérique
Difficulté de naviguer dans nos mémoires numériques.
Nécessité d'oublier pour mieux se souvenir.
À la suite de ce petit épisode totalement anecdotique, reflet d'un usage démesuré du web, j'ai tout de même fait quelques constats.
À la fois en raison de cet historique imposant, mais aussi parce que j'ai effectué un nettoyage de mon navigateur.
J'ai pu noter quelques chiffres représentatifs de cette boulimie du web :
- 136 000 : le nombre de pages web _différentes_ visitées en quatre années ;
- 45 300 fichiers et 3,6Go : nombre de fichiers et leur poids en quatre années d'utilisation d'un navigateur web, sans _nettoyage_ de Firefox ;
- 305 fichiers et 193Mo : nombre de fichiers et leur poids après nettoyage de Firefox – sans suppression de l'historique.
Au-delà de la masse d'information que je crée seul à mon échelle, je note la difficulté de naviguer dans cette quantité d'information.
Je ne suis pas bien outillé, et je ne sais pas trop si je voudrais l'être.
Il y a une réelle nécessité d'oublier pour mieux se souvenir, Michel Lagües en a très bien parlé dans son livre _L'invention de la mémoire : écrire, enregistrer, numériser_ et pendant l'émission [Des livres aux ordinateurs, où stocker nos souvenirs ? sur France Culture](https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/loubli-24-linvention-de-la-memoire) il y a quelques semaines.
Je ne suis pas retourné voir cet historique trié, preuve que je pourrais probablement fermer mon navigateur après chaque journée d'utilisation de mon ordinateur.
Preuve que je ferais mieux d'oublier mes navigations, et même de réfléchir un peu mieux à mon usage du web.
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