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new: notes du Papyrus à l'hypertexte

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title: "Du papyrus à l'hypertexte de Christian Vandendorpe"
date: 2019-04-10 10:00
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description: "Lecture en cours du livre de référence de Christian Vandendorpe, Du papyrus à l’hypertexte: essai sur les mutations du texte et de la lecture."
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- lectures
key_book: vandendorpe_du_1999
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Lecture en cours du livre de référence de Christian Vandendorpe, _Du papyrus à l’hypertexte: essai sur les mutations du texte et de la lecture_.
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## Citations et notes
"Par honnêteté intellectuelle, autant que par esprit de recherche, l'essentiel de la présente réflexion a donc été d'abord rédigé à l'aide d'un outil d'édition hypertextuelle élaboré à cette fin et dont les fonctions se sont raffinées au fur et à mesure que se précisaient les besoins. Ce n'est qu'à l'étape finale de la rédaction que les pages ainsi créées ont été intégrées dans un traitement de texte et retravaillée en vue d'une publication imprimée." (p. 10)
Il s'agit donc d'une démarche performative, même si le résultat (le livre édité et imprimé) n'en garde aucune trace.
C'est dommage, et en même temps cette édition date de 1999.
"Alors que la lecture du livre est placée sous le signe de la durée et d'une certaine continuité, celle de l'hypertexte est caractérisée par un sentiment d'urgence, de discontinuité et de choix à effectuer constamment." (p. 11)
(p. 15-16) L'écriture serait une forme de libération des 3 contraintes de l'oralité (moment, débit, temps).
Mais l'écriture fait perdre des nuances et une identité, elle (l'oralité) revient pour donner une identité et pour _habiller_ les textes désormais froids.
(p. 17) L'écriture n'était que support de l'oralité, puis :
- 4e siècle : première lecture sans parler (Augustin) ;
- 7e siècle : arrivée de la ponctuation ;
- 11e siècle : généralisation de la ponctuation ;
- 12e siècle : les textes sont écrits pour être lus et non plus parlés.
"Pour une part importante des échanges, désormais, le texte tiendra lieu de contexte." (p. 19)
Contrairement à l'oralité qui était le contexte même.
"Ce qui était fluide et mouvant peut devenir précis et organisé comme le cristal, la confusion peut céder la place au système." (p. 20)
(À propos de l'oralité et de l'écriture.)
(p. 22-23) Christian Vandendorpe passe peut-être à côté de quelque chose : l'écriture, en tant que possibilité de transcription de l'oralité, apporte aussi la dimension d'inscription _au moment_ de la lecture.
En d'autres termes l'écriture permet de transcrire l'oralité et donc de _lire_, mais aussi d'écrire au moment de la lecture, et donc d'inscrire de nouveau.
"Même avec des moyens d'enregistrement moderne, l'oral reste essentiellement prisonnier du fil temporel et installe son auditeur sans la dépendance de celui-ci." (p. 27)
Il est intéressant de noter que depuis des formats ou des standards sont apparus, introduisant une structure dans le son, comme le format [DAISY](https://fr.wikipedia.org/wiki/Daisy_(livre_audio)).
"[...] l'écrit apparaît comme la face idéalisée du langage, le lieu où celui-ci peut prétendre à la perfection." (p. 28)
(p. 30) De la même façon que l'écriture était une recherche de perfection par rapport à l'oralité, l'impression a permis l'application de normes pour atteindre une certaine perfection et maîtrise.
Le numérique serait alors, dans une certaine mesure/dimension, le prolongement de cette recherche effréné, inexorable (maniaque ?).
"Chaque microseconde ainsi gagnée se traduit pour le lecteur par une efficacité accrue." (p. 34)
Il y a une véritable recherche de performance : ne pas perdre de temps, disposer d'un possibilité de transmission d'information sans équivoque (programmatique ?).
(p. 40) Le [XML TEI](https://books.openedition.org/oep/1298) serait une des formes les plus aboutie ou avancée d'un langage écrit normalisé, décrit et (peut-être) neutre.
Avec tout ce que peut induire de _jusqu'au-boutisme_ le XML TEI...
(p. 40) Par ailleurs l'usage de dialogues dans l'écriture est un moyen pour son auteur de "charger en émotions" un texte.
(p. 41-42) L'écriture serait linéaire (et non tabulaire), mais Christian Vandendorpe prétend le contraire : "L'œil peut embrasser la page d'un seul regard."
Encore faut-il que le texte soit structuré (paragraphes, titres, etc.) ou que le lecteur ait les compétences pour lire une page (et non des lignes).
(p. 43) Il y a 3 types de linéarité, 3 plans : du contenu, du matériau langagier et du média.
(p. 44-45) La culture orale a mis en place des systèmes de mémorisation, systèmes qui n'ont plus d'intérêt à l'écrit.
La "tabularité visuelle" va prendre le pas sur le "domaine auditif", ce qui est peut-être une perte énorme, puisqu'alors on s'appuie systématiquement sur un support et non sur la mémoire (voir Platon sur le problème que pose l'écriture).
(p. 49-50) Étonnamment le lien hypertexte peut induire une lecture linéaire, contrairement au livre dont l'on peut prendre la mesure de l'épaisseur.
C'est là l'un des problèmes majeur du livre numérique, encore non résolu.
(p. 51-52) Le volumen était une véritable transcription de l'oralité, avec cette dimension de linéarité : lecture continue du début à la fin.
"Pire encore, comme nous l'apprend Martial, le lecteur devait souvent s'aider du menton pour réenrouler le _volumen_, ce qui avait pour effet de laisser sur la tranche des marques assez malvenues pour les usagers d'une bibliothèque."
(p. 52) Le premier codex était en fait un cahier de note, ce qui est assez étonnant : il a d'abord été utilisé pour écrire et non pour transmettre directement !
"En bref, la page permettra au texte d'échapper à la continuité et à la linéarité du rouleau : elle le fera entrer dans l'ordre de la tabularité." (p. 53)
"Aussi le codex est-il le livre par excellence, sans lequel notre civilisation n'aurait pu atteindre son plein développement dans la quête du savoir et la diffusion de la connaissance." (p. 53)
Voir le livre d'Albert Labarre : _L'histoire du livre_ (http://www.sudoc.fr/074103253, https://www.cairn.info/histoire-du-livre--9782130519928.htm)
(p. 53-54) La dimension de page est essentielle dans la constitution d'une lecture qui n'est plus linéaire.
La lecture peut ainsi devenir sélective grâce à l'autonomie de la page et à sa structuration.
"[...] le potentiel de la page comme espace sémiotique discret [...]" (p. 55)
Des débuts de l'imprimerie à (presque) aujourd'hui, il y a une recherche continue de _mise en tabularité_ du texte : colonnes, gloses, intertitres, blocs liés, emphases, etc.
Que ce soit les premiers livres imprimés ou les sites des journaux.
(p. 56) Exemple de la pagination qui est un outil pour le lecteur qui "favorise aussi la discussion sur les textes."
C'est le point de départ vers d'autres moyens de plus en plus _sophistiqués_.
(p. 56) Ce ne sont pas que des moyens de lire le texte mais aussi d'y accéder, des "modes d'accès au texte" comme des index ou des tables des matières.
(p. 58) Le texte devient surface et non plus "fil" : la linéarité n'est plus un passage obligé.
(p. 58-60) L'histoire du livre oscille entre traduction sémantique et recherche formelle : je ne suis pas d'accord avec cette acception de Christian Vandendorpe, dans la mesure où il ne s'agit pas que de plaisir visuel.
Il serait pertinent d'invoquer des théories du champ du design.
"En somme, le défi du texte imprimé est d'établir un équilibre entre les exigences du sémantique et celles du visuel, l'idéal étant évidemment de combiner ces deux modes d'accès au texte sous un axe cohérent." (p. 61)
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