Commit 63395906 authored by Antoine Fauchié's avatar Antoine Fauchié

edit: le numérique en force, une relecture des premiers paragraphes, les références

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title: "Version : concept"
date: 2020-01-09 10:00
date: 2020-01-08 10:00
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description: "Que recouvre le concept de version dans le champ littéraire et dans une perspective d'étude des pratiques d'écriture ?"
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......@@ -17,37 +17,56 @@ Que recouvre le concept de _version_ dans le champ littéraire et dans une persp
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Les acceptions communes du mot « version » concernent des problématiques de traduction, les états d'un texte ou la manière de rapporter un fait.
Les acceptions communes du mot « version » concernent la manière de rapporter un fait, des problématiques de traduction ou les états d'un texte.
Sans que cela ne soit conscient dans nos usages quotidiens, ce terme a une forte dimension littéraire, il s'agit de récit et de texte.
Définir le concept de version revient à poser les questions suivantes concernant ces lignes que vous lisez : existe-il une déclinaison anglaise ?
Son brouillon est-il disponible ?
Pouvons-nous avoir accès à d'autres variantes de ce texte, formulées différemment ?
Nous concentrons notre analyse sur la dimension littéraire avec l'édition et la génétique des textes, puis sur la dimension numérique avec le versionnement du texte.
Nous concentrons notre analyse sur la dimension littéraire avec l'édition et la génétique des textes, puis sur la dimension numérique avec le _versionnement_ du texte.
Dans le champ littéraire le concept de version s'applique à l'état du texte dans une perspective d'étude et de comparaison.
L'étude littéraire porte sur un document dont la version revêt une forte importance.
Il s'agit de spécifier l'édition qui est examinée, des différences peuvent exister entre deux éditions, qu'il s'agisse d'une révision de l'auteur ou de l'éditeur.
Ces différences peuvent être le reflet d'une évolution intellectuelle ou artistique de l'auteur, la marque d'une censure, ou révéler un choix de l'éditeur – par exemple le passage d'une édition classique à une Pléiade.
Il s'agit de spécifier l'édition qui est examinée, des écarts peuvent exister entre deux éditions, qu'il s'agisse d'une révision de l'auteur ou de l'éditeur, écarts qui portent sur le contenu, mais la forme peut également être concernée.
Les différences peuvent être le reflet d'une évolution intellectuelle ou artistique de l'auteur, la marque d'une censure, ou révéler un choix de l'éditeur – par exemple le passage d'une édition classique à une Pléiade.
La version est alors fixée par l'acte de publication, inscrite dans un processus éditorial complexe, allant de l'auteur à la bibliothèque en passant par la maison d'édition et la librairie.
L'éditeur décide de figer l'état du texte en publiant l'ouvrage, en l'inscrivant dans une dimension économique et documentaire : en plus d'être commercialisé le livre est enregistré dans une bibliothèque nationale via le dépôt légal – nous prenons ici les cas francophones de la France et du Québec.
Ce geste éditorial est le point de départ de l'inscription d'un texte dans la chaîne du livre.
Et pour la _version_ imprimée cette inscription est physique et aujourd'hui difficilement modifiable, un texte disponible en librairie puis conservé dans plusieurs bibliothèques ne pourra pas être remplacé ou supprimé facilement.
Notons qu'à une époque ou seules quelques versions d'un texte étaient conservées, il aurait été possible de toutes les faire disparaître.
Et pour la _version_ imprimée cette inscription est physique et aujourd'hui difficilement modifiable, un texte disponible en librairie, acheté par plusieurs milliers de personnes et conservé dans plusieurs bibliothèques ne pourra pas être remplacé ou supprimé facilement, à moins de mobiliser une armée d'opérateurs chargés de se rendre physiquement dans chaque librairie, bibliothèque et maison {% cite bradbury_fahrenheit_1995 --file version-concept.bib %}.
Notons qu'à une époque ou seules quelques versions d'un texte étaient conservées, il aurait été envisageable de toutes les faire disparaître.
Il devient possible de comparer deux versions d'un texte, à des fins de génétique du texte.
Nous pouvons évoquer le travail de Jerome McGann {citation nécessaire} qui a dirigé un projet de logiciel pour confronter deux variantes d'un même texte, souvent deux éditions.
{continuer sur Jerome McGann avec son dernier livre}
Avec l'avènement du numérique plusieurs questions surgissent autour de ce concept.
Questions déjà présentent avec l'existence imprimée de textes, mais dont la problématique se renforce.
Reprenons notre exemple d'une tentative de suppression d'une version d'un ouvrage édité et diffusé, un fichier numérique est consigné sur des serveurs matériels mais dont la mémoire peut être aisément modifiée.
En 2009 Amazon avait prouvé cela avec beaucoup de perspicacité puisque deux ouvrages de Georges Orwell, _1984_ et _La ferme des animaux_, avaient été effacés des liseuses de nombreux lecteurs.
Alessandro Ludovico aborde ce point en spécifiant {à détailler : pérennité et archivage}
Questions déjà présentes avec l'existence imprimée de textes, mais dont la problématique se cristallise.
Reprenons notre exemple d'une tentative de suppression d'une version d'un ouvrage édité et diffusé.
Un fichier numérique est consigné sur des serveurs matériels mais dont la mémoire peut être aisément modifiée.
En 2009 Amazon avait prouvé cela avec beaucoup de perspicacité puisque deux ouvrages de Georges Orwell, _1984_ et _La ferme des animaux_, avaient été effacés des liseuses de nombreux lecteurs {% cite stone_amazon_2009 --file version-concept.bib %}.
La version numérique diffusée et commercialisée par Amazon de ces deux ouvrages n'existaient tout simplement plus.
Il ne s'agit plus de définir comment accéder à une version parmi d'autres, mais de savoir si une version peut exister d'une façon ou d'une autre.
D'une certaine manière cet épisode rappelle les actes de censure étatiques pratiqués à certaines époques sur les publications, dont le dépôt légal est une trace sinon une conséquence.
Alessandro Ludovico aborde la pérennité et l'archivage, fortement liés au concept de version, en posant la question de qui en est chargé et à quels fins.
> En fait, l'utopie d'une bibliothèque des bibliothèques ressemble de manière inquiétante à la vision utopique propagée par les "géants d'Internet" mentionnés ci-avant. Est-il possible (ou même souhaitable) d'organiser de façon définitive la totalité du savoir humaine (dans sa forme la plus traditionnelle et la plus étendue : le mot imprimé) sous une forme ordonnée, dynamique et indexée ?
{% cite ludovico_post-digital_2016 -l 143 --file version-concept.bib %}
Sans nous éloigner de notre objet d'étude, nous abordons ici la problématique des acteurs qui ont la mission ou la maîtrise de la conservation de différentes versions de textes.
Si Amazon ou Google peuvent décider de ne plus permettre l'accès à un document, voir même de supprimer toute trace de l'existence de ce document, alors comment...
En parallèle de cette question de pérennité, il y a celle de stabilité.
L'existence imprimée d'ouvrages impose une temporalité longue, jusqu'avant l'impression à la demande.
Le numérique accélère fortement tout cela
Stabilité : Vandendorpe.
Réinscriptibilité (Dacos) + Wikipédia, articulation avec le code.
L'existence imprimée d'ouvrages impose une temporalité longue, au moins avec certaines techniques d'impression qui contraignent à des tirages importants – et donc à un investissement tout aussi important, ainsi qu'un stockage et une diffusion en conséquence –, contraintes remises en cause ces vingt dernières années avec des procédés comme l'impression numérique et l'impression à la demande.
Le numérique accélère fortement le processus de fabrication et de diffusion d'un livre, qu'il soit numérique ou imprimé.
Si une version différente peut être fabriquée, _à la demande_, pour chaque lecteur différent d'un livre, le travail de génétique du texte devient vertigineux.
Qu'en est-il des fichiers numériques qui peuvent être mis à jour en quelques heures sur plusieurs dizaines de plateformes différentes ?
> La permanence texte est désormais chose du passé.
{% cite vandendorpe_du_1999 -l 181 --file version-concept.bib %}
Répétons-le, le numérique ne fait qu'accentuer un phénomène déjà observable, la stabilité d'une version d'un texte est encore plus bouleversée avec les technologies actuelles.
Dans le domaine de la publication scientifique cela se traduit par un problème majeur : comment citer un article scientifique qui peut être modifié à tout moment ?
Si la majorité des moyens de diffusion fige un état d'un article scientifique – l'auteur du présent texte ne peut que constater une faute sur son nom qui ne peut être corrigée sur une plateforme pourtant numérique {% cite bourassa_devenirs_2018 --file version-concept.bib %} –, il existe pourtant des revues qui choisissent de faire... {référence non publiée sur Distill}
{Réinscriptibilité (Dacos) + Wikipédia, articulation avec le code.}
Quittons la littérature pour y revenir dans une histoire numérique plus récente.
Nous avons volontairement omis une autre acception du mot version, cette fois dans le domaine de l'informatique.
......@@ -61,7 +80,7 @@ Conclusion : ouverture sur la dimension non linéaire du concept de version, la
## Bibliographie
{% bibliography --file version-concept.bib %}
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